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Litige propriétaire-locataire : les démarches à suivre

Rédigé par Emy

22 Jul 2026

8 min

Qu'il s'agisse d'un loyer impayé, de travaux non réalisés, d'un dépôt de garantie non restitué ou d'un désaccord sur l'état des lieux, un litige entre propriétaire et locataire suit des règles précises. Agir dans le bon ordre, et au bon moment, conditionne souvent l'issue du conflit, qu'il se règle à l'amiable ou devant le juge.

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Qu'est-ce qu'un litige propriétaire / locataire ?

Un litige propriétaire / locataire désigne tout désaccord né de l'exécution d'un contrat de bail d'habitation, qu'il porte sur le paiement du loyer et des charges, l'état du logement, la réalisation de travaux, le respect du préavis ou la restitution du dépôt de garantie. Ces litiges sont encadrés principalement par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui fixe les droits et obligations réciproques des parties, et par le Code civil pour les règles générales du contrat de bail.

Cette loi impose au bailleur de délivrer un logement décent et de garantir au locataire une jouissance paisible des lieux, tandis que le locataire doit payer son loyer aux termes convenus, user paisiblement du bien et répondre des dégradations locatives qui lui sont imputables.

Les litiges les plus fréquents

Les conflits entre propriétaire et locataire portent généralement sur un nombre limité de sujets, chacun répondant à des règles spécifiques.

Loyers ou charges impayés : Le locataire doit régler son loyer et ses charges aux dates convenues (article 7 de la loi du 6 juillet 1989). En cas d'impayé, le propriétaire doit d'abord faire délivrer un commandement de payer par un huissier ; c'est un préalable obligatoire avant toute action en résiliation du bail.

Restitution du dépôt de garantie : Le dépôt de garantie doit être rendu dans un délai d'un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, ou de deux mois s'il révèle des différences (article 22 de la loi du 6 juillet 1989).

Travaux et logement non décent : Le propriétaire est tenu de fournir un logement décent et de prendre en charge les réparations qui ne sont pas à la charge du locataire (article 6 de la loi du 6 juillet 1989 et décret n° 2002-120 sur la décence du logement).

Contestation de l'état des lieux : L'état des lieux de sortie permet de distinguer les dégradations imputables au locataire d'une simple usure normale, appréciée en tenant compte de la vétusté (article 3 de la loi du 6 juillet 1989).

Préavis et congé : Le préavis est en principe de trois mois, mais peut être réduit à un mois dans certains cas prévus par la loi (mutation professionnelle, logement en zone tendue, etc.).

Avant toute action judiciaire, plusieurs étapes permettent souvent de résoudre le différend, ou du moins d'en clarifier les termes.

1
Formaliser une demande écrite
Un courrier, de préférence en recommandé avec accusé de réception, permet de fixer une date certaine et de constituer une preuve en cas de litige ultérieur. Cette démarche s'impose particulièrement pour signaler des désordres dans le logement ou réclamer une somme due.
2
Adresser une mise en demeure
Si la demande amiable reste sans réponse, la mise en demeure formalise l'exigence d'exécution d'une obligation, qu'il s'agisse du paiement d'un arriéré de loyer ou de la réalisation de travaux. Elle constitue souvent un préalable nécessaire avant d'engager une action en justice, et fait courir certains délais, notamment en matière d'intérêts.
3
Saisir la commission départementale de conciliation
Pour de nombreux litiges locatifs, notamment ceux relatifs au dépôt de garantie, à l'état des lieux, aux charges locatives ou à la décence du logement, la commission départementale de conciliation (CDC) offre une voie de règlement amiable, gratuite, avant toute saisine du juge. Sa saisine est même une condition de recevabilité obligatoire pour certains contentieux, comme la contestation d'une révision de loyer.
4
Recourir à un conciliateur de justice ou à la médiation
Le conciliateur de justice, saisi gratuitement, peut intervenir pour tout type de litige locatif. Une tentative de conciliation ou de médiation préalable est d'ailleurs exigée par le Code de procédure civile pour les litiges portant sur un montant inférieur à 5 000 euros, avant toute saisine du tribunal judiciaire.
5
Saisir le tribunal judiciaire
À défaut de résolution amiable, le litige peut être porté devant le tribunal judiciaire, seul compétent en matière de baux d'habitation, quel que soit le montant en jeu. La procédure varie selon la nature du litige : demande de résiliation du bail pour loyers impayés, demande en paiement, ou contestation portant sur les réparations et charges.

Le rôle du commandement de payer en cas de loyers impayés

En présence d'un impayé, le bailleur ne peut engager une procédure de résiliation du bail sans avoir préalablement fait délivrer un commandement de payer par voie d'huissier. Ce commandement ouvre un délai de deux mois, pendant lequel le locataire peut régulariser sa situation ou solliciter des délais de paiement auprès du juge. Ce n'est qu'à l'expiration de ce délai, et en l'absence de régularisation, que le bailleur peut saisir le tribunal pour faire constater la résiliation du bail, lorsque celui-ci comporte une clause résolutoire, ou en demander le prononcé.

Ce que peu de guides mentionnent

La commission départementale de conciliation n'est pas qu'une simple formalité : son avis, bien que non contraignant, est souvent pris en compte par le juge en cas de contentieux ultérieur. Un dossier bien préparé devant la CDC, avec pièces justificatives à l'appui, peut donc peser sur l'issue d'une procédure judiciaire, même si la conciliation elle-même échoue.

Le rôle d'un avocat

Un avocat aide à qualifier précisément le litige, à respecter les préalables obligatoires comme la mise en demeure ou la saisine de la commission de conciliation, et à réunir les preuves nécessaires, état des lieux, quittances, échanges de courriers, avant d'engager une action. Il représente également le locataire ou le propriétaire devant le tribunal judiciaire si le désaccord persiste, et veille au respect des délais propres à chaque procédure, notamment ceux liés au commandement de payer ou à la restitution du dépôt de garantie.

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Questions fréquentes

Que faire en cas de loyers impayés ?

Le propriétaire doit d'abord faire délivrer un commandement de payer par huissier, qui ouvre un délai de deux mois pour régulariser la situation. À défaut de paiement, il peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir la résiliation du bail.

Dans quel délai le dépôt de garantie doit-il être restitué ?

Un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois dans le cas contraire, à compter de la remise des clés, conformément à l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

Faut-il obligatoirement tenter une conciliation avant de saisir le tribunal ?

Oui, pour les litiges inférieurs à 5 000 euros, une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est en principe obligatoire avant toute saisine du tribunal judiciaire. Certains litiges locatifs spécifiques imposent en plus la saisine préalable de la commission départementale de conciliation.

Le locataire peut-il refuser de payer son loyer si des travaux ne sont pas réalisés ?

Non, sauf décision du juge. Le locataire ne peut pas suspendre unilatéralement le paiement du loyer, même en cas de manquement du bailleur ; il doit mettre en demeure le propriétaire et, si nécessaire, saisir le juge pour obtenir l'exécution des travaux ou une réduction de loyer.

Conclusion

Un litige entre propriétaire et locataire se résout rarement dans l'urgence : les textes imposent des étapes précises, mise en demeure, commandement de payer, tentative de conciliation, avant toute saisine du juge. Respecter cet ordre, et documenter chaque échange, reste la meilleure garantie de faire valoir ses droits, que l'on soit bailleur ou locataire, et d'éviter qu'une procédure ne s'enlise sur un simple vice de forme.

Cet article a été rédigé à des fins d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour une évaluation de votre situation, contactez un avocat via Causélis.

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